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Chronique «Médiatiques»
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En censurant l’appel de la rédaction à voter Kamala Harris, le propriétaire du journal et de l’empire Amazon prend acte de la défaite de la presse de qualité face aux fake news du candidat républicain, au lieu de lui permettre de se battre pour regagner son influence à coups d’enquêtes journalistiques.
Qu’on se le dise, si Jeff Bezos a interdit à son journal, le Washington Post, d’appeler explicitement à voter Kamala Harris à la présidentielle, ce n’est pas pour préserver ses intérêts de PDG d’Amazon en cas d’élection de Trump. Nullement. C’est d’abord pour une «raison de principe». En tant que «journaliste» («notre profession», écrit crânement l’homme le plus riche du monde, dans son journal, à propos du journalisme), Bezos est convaincu de l’inutilité de ce type d’appel solennel. Pire : il peut être contre-productif, en offrant à Trump un argument en or pour se poser à nouveau en paria des grands médias et de l’establishment. Si on suit le raisonnement du fondateur d’Amazon, sa censure de l’éditorial anti-Trump rédigé par la rédaction du Post serait donc, à la limite… un acte de résistance à Trump.
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Ainsi, alors que la rédaction de son propre journal a amplement documenté par ses enquêtes les menaces que fait peser Trump sur la démocratie américaine en cas d’élection (et peut-être surtout en cas de défaite), Jeff Bezos affecte de croire ses lecteurs assez adultes et autonomes pour déterminer leur vote tout seuls
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